La zone Euro est en plein bouillonnement. Elle doit se donner les moyens de rendre sa croissance plus autonome pour ne plus dépendre de façon excessive des impulsions en provenance du reste du monde. Dans le même temps, elle ne peut plus se laisser distancer par les États-Unis par une évolution trop lente de ses revenus sous peine de perdre en attractivité.
La tâche est cependant de grande ampleur. Le revenu réel par habitant a progressé beaucoup plus lentement qu’aux États-Unis depuis l’année 2000 et il a quasiment stagné depuis la sortie de la pandémie. Le constat récent traduit un fort ralentissement de la productivité.
Avant la pandémie, l’écart traduisait un investissement insuffisant dans un cadre concurrentiel insuffisant. Après la crise sanitaire, les pénuries et le choc des prix énergétiques ont perturbé davantage l’économie de la zone Euro que celle des États-Unis.
La décomposition de l’évolution du revenu réel par habitant faite dans ce document indique aussi que la tendance à la baisse du temps de travail reste une caractéristique de la zone Euro. Elle est à peine compensée par l’augmentation récente du taux d’emploi.
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Quelle croissance potentielle ?
Une première étape sera de converger vers la tendance d’avant la pandémie. Les conditions ont changé radicalement. Le reste du monde n’a plus une approche aussi amicale qu’alors. Il faudra que la détermination des Européens s’inscrive dans la durée. Les efforts à faire doivent d’abord compenser les effets du vieillissement. L’enjeu est de pouvoir maintenir le niveau de vie des Européens et dans un nouveau modèle global moins coopératif cela demandera des efforts importants à chacun.