L’épisode budgétaire en France est terminépour 2026, mais la bataille ne l’est pas car les questions posées delongue date n’ont pas trouvé de réponses.
1- La stabilisation du ratio dette publiquesur PIB.
Il y a quelques mois, la discussion étaitfocalisée sur ce point. Les calculsmontraient alors la nécessité de disposer dans un temps fini d’un surplus primairepour y arriver. L’effort budgétaire serait alors d’environ 150 milliards à économiser et à repartir sur la durée souhaitée. Plus la stabilisation souhaitée du ratio est rapideplus l’effort doit être important.
Cette stabilisation est essentielle car elle déterminera la capacité de l’économiefrançaise à faire face à des chocs et à larésorption de ses déséquilibres. La dette publique ne peut être une échappatoire permanente. Cette question qui était mineure ne l’est plus compte tenu du niveaudé l’endettement. Elle posera aussil’arbitrage entre accumulation du capital pour renouveler la croissance etaccumulation dé cette
2- Le ratio dette publique sur PIB, enFrance, est une droite dont le point de départ est à environ 20% en 1975.
Depuis la dette n’a fait que progresserreflétant un déséquilibre entre le modèlesocial qui a besoin d’une croissance forte etla capacité de l’économie française à fournir celle-ci. La croissance tendancielle en France était de 2% depuis le premier chocpétrolier jusqu’à la grande récession. Elle est aujourd’hui un peu supérieure à 1%. Même si des efforts sont demandés sur les dépenses sociales, les réductions ne sont pas suffisantes en raison de la baisse du taux de croissance. Cet arbitrage n’a pas été posé puisque le déficit de la sécurité sociale sera de 20 milliards en 2026 se traduit par une défiance des investisseurs sur le financement des comptes sociaux
3- La répartition des dépenses entre les jeunes et les retraités. Cette articulation en faveur des retraites n’est pas tenable dans la durée puisque les revenus permettant le versement des pensions proviennent dutravail des actifs. Il faut que les jeunes actifssoient incités à travailler pour financersuffisamment le système de répartition.
J’évoque ces trois aspects car ils sont cruciaux pour l’équilibre de l’économiefrançaise dans la durée.
Ces questions n’ont pas été traitées pour le budget de cette année, elles ne le seront pasdavantage pour le budget de l’annéeprochaine. En 2027, les électionsprésidentielles vont conditionnées toutes les réflexions et tous les choix. On ne peut pas imaginer qu’un candidat puisse se faire élire sur une stratégie de rigueur budgétaire. Depuis tellement longtemps la dette publique est en effet le meilleur moyen de boucler les déséquilibres alors pourquois’arrêter ?
Cela veut dire que le premier budget rigoureux ne se mettra en place qu’en 2028au mieux. La stratégie de convergence vers un déficit de 3% du PIB en 2029 part alors dans le décor.