La dette publique en France s’est inscrite Ă 115.6% du PIB en 2025. C’est beaucoup puisque seules les annĂ©es troubles reliant les deux guerres mondiales ont eu un endettement supĂ©rieur.
Le plus prĂ©occupant est la ligne droite que prĂ©sente le ratio dette publique sur PIB depuis le point bas de 1975. Je l’ai caractĂ©risĂ©e par la ligne fine en rouge sur le graphe. Cette longue ligne est transpartisane. En raison des alternances politiques, ce n’est pas le reflet d’un parti politique ou d’un autre ou d’un choix politique Ă un moment donnĂ©.

Cela traduit une incapacitĂ© collective Ă faire face Ă ses engagements courants en imaginant que 1- quelqu’un paiera Ă notre place et 2- que faire des ajustements, notamment en rĂ©duisant les dĂ©penses, se traduirait nĂ©cessairement par une inflexion dommageable et durable de l’activitĂ©.
En repoussant systĂ©matiquement le moment de l’ajustement, on finira par peser lourdement sur la conjoncture. Mais ce sera toujours pour plus tard.
Cela traduit une forme de fuite en avant qui fait un peu peur car la croissance tendancielle de l’Ă©conomie française s’inflĂ©chit. Proche de 5% (en volume) dans les annĂ©es 50 et 60, voisine de 2% aprĂšs le premier choc pĂ©trolier, elle est, en tendance lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă 1% depuis la crise financiĂšre de 2008. On ne se refera pas en imaginant que la croissance du PIB pourrait retrouver ses niveaux des annĂ©es 50 et 60 et rĂ©soudre le problĂšme. A un moment, il faudra s’ajuster et ce sera douloureux car la dette publique a cette vertu d’anesthĂ©sier tous les bobos. Cela pourrait passer par des ajustements brutaux des dĂ©penses et des recettes. Cela pourrait aussi passer par un taux d’inflation durablement plus Ă©levĂ© que celui constatĂ© depuis le milieu des annĂ©es 1980 (moins de 1.8% par an de 1985 Ă 2019).
Pour stabiliser la dette publique, il faudrait que le dĂ©ficit publique primaire (sans compter les intĂ©rĂȘts payĂ©s sur la dette publique) qui est au voisinage de 3% du PIB devienne un surplus. Ce serait bien de ne pas trop trainer.
Dans ce cadre, la question de la dette publique europĂ©enne va ĂȘtre passionnante. Il faut la faire pour crĂ©er une dynamique commune au sein de l’Europe mais cette dette n’aura pas les caractĂ©ristiques des dettes publiques nationales. Le cadre sera nĂ©cessairement plus rigoureux.