Comme l’économie réelle, la finance est désorientée par les évolutions récentes tant économique que politique.
Ainsi l’or est il au plus haut, les taux longs en Allemagne ont progressé comme jamais à l’annonce du plan de relance. Et même les banques centrales ne sont plus certaines de leurs vues.
Il est loin le temps où la lecture des décisions et anticipations des banques centrales suffisait à comprendre l’allure à venir des marchés financiers.
Cette perte de repères a 2 dimensions
La première est le changement de hiérarchie entre les politiques budgétaire et monétaire. Depuis Reagan, et la globalisation financière ce sont les banques centrales qui ont régulé la macroéconomie.
Le cadre a changé lorsque la Chine est entrée en concurrence avec les USA sur certaines technologie, juste avant la pandémie. Les US dominent de longue date la technologie mondiale et en tirent d’importants revenus. Une concurrence trop puissante de la Chine fragiliserait cette construction.
Le véritable coup de canif est intervenu à la sortie de la pandémie avec les pénuries. Les Etats-Unis ont mis en place une politique industrielle de grande ampleur. L’économie redevenait local et perdait une partie de sa vision horizontale. Les politiques tarifaires aux US et de défense en Europe accentuent ce biais.
La politique monétaire devient dépendante des décisions des gouvernements. Le balancier longtemps en faveur des banques centrales change de sens.
Il faut que les investisseurs s’y habituent, il faut que les banques centrales l’acceptent. Mais il faut surtout trouver un nouvel équilibre Le monde est moins ouvert et se verticalise. C’est une rupture majeure pour les banques centrales. La lecture des marchés financiers sera plus complexe.
La deuxième rupture est liée au choix politique des Etats-Unis qui se rapprochent de leur ennemi historique au détriment des alliés du Canada et de l’Europe.
Cette forme d’isolationnisme peut elle être compatible avec l’utilisation du dollar et des actifs américains comme valeur refuge. Certainement pas. Si l’économie réelle est fragmentée, l’économie monétaire et financier en subit les conséquences. Il faut inventer un nouveau cadre, un monde tripolaire ? C’est compliqué mais ce que l’on sait c’est que le dollar perdra de sa superbe avec la politique menée actuellement. C’est un bouleversement terrible pour les investisseurs.
Deux remarques finales
La première est la volonté de la Maison Blanche de mettre en avant les cryptomonnaies quitte à les mettre en concurrence avec le dollar (sic). On n’en comprend pas très bien l’objectif
La deuxième est la nomination de Michele Bowman comme responsable de la régulation bancaire au sein du board de la Fed. Elle veut redonner de la liberté aux banques pour financer l’économie. Par le passé une plus grande liberté s’est traduit de façon récurrente par des crises bancaires. Soyons préparés
*Mon propos raccourci à la conférence organisée par l’ l’Opinion