La mise en place de tarifs douaniers de 25% aux frontières américaines sera prise le 2 avril. L’objectif pour l’administration Trump est double:
1- Collecter des recettes avec l’objectif à terme de remplacer l’impôt sur le revenu
2- Plus concrètement de relocaliser la production sur le sol américain.
Une entreprise qui voudrait accéder au marché américain doit payer un droit d’entrée. L’ampleur des recettes reflèteraient l’attractivité de marché américain. Ces recettes élevées permettraient de réduire d’autant les impôts sur le revenu. Ce week-end, Peter Navarro, très proche de Trump, parlait ainsi des tarifs douaniers comme d’une excellente nouvelle pour les ménages.
La question est de savoir qui paiera la taxe ?
Est-ce le consommateur américain si l’entreprise répercute la taxe dans son prix de vente ?
Ou est ce l’entreprise étrangère qui réduira sa marge pour conserver le même prix ?
Le résultat dépendra du caractère compétitif du marché localement et du secteur d’activité. Mais on ne peut faire a priori l’hypothèse que les entreprises étrangères accepteront de réduire spontanément leur marge. Ce n’est pas ce que nous enseignent les expériences passées, notamment des hausses de taxes du premier mandat Trump. Le consommateur paiera.
Pour Trump, les entreprises étrangères doivent être incitées à s’installer aux US pour profiter pleinement du marché américain. Ce n’est jamais aussi simple. Si le déficit commercial américain est aussi important c’est en partie parce que les conditions de production sur le territoire US ne sont pas favorables par rapport à d’autres lieux. Qu’est ce qui rendrait les sites américains plus compétitifs ? La taxe ? Pas sûr.
Le marché de l’automobile est intéressant de ce point de vue. Depuis la création de l’espace de libre échange nord américain le 1er janvier 1994, les implantations des usines des constructeurs ont été optimisées entre le Mexique, le Canada et les USA. Les chaînes de production font que les produits circulent entre les trois pays pour accroître l’efficacité du processus. La taxe va potentiellement rendre les voitures américaines plus chères puisque les produits mexicain et canadien paieront la taxe.
Relocaliser la production aux US n’est pas simple. Les usines les plus récentes sont au Mexique et au Canada. Celles localisées aux US sont vieilles manquant d’efficacité même si elles ont été modernisées. Une relocalisation demanderait un effort d’investissement considérable que les constructeurs ne sont pas prêts à faire. En outre cela prendrait un temps très important.
Le marché de l’automobile risque d’être déstabilisé pour longtemps soit par des hausses de prix soit parce qu’il faut relocaliser mais avec un investissement considérable au préalable. Or l’automobile est un un élément clé du processus industriel américain. Si ce secteur est désorganisé et perd en efficacité c’est l’ensemble de l’économie qui sera affaiblie.