Le prix du pétrole est passé sous les 100 dollars. Le prix de l’essence va redescendre et les tensions sociales se réduire. C’est l’impact immédiat du cessez-le-feu. Le risque d’escalade inflationniste pourrait ainsi s’interrompre et la BCE repousser une éventuelle hausse de ses taux d’intérêt.
L’analyse est plus complexe.
D’abord parce que le plan en 15 points présenté par Washington proposait de mettre Téhéran sous tutelle perdant ainsi ses capacités d’influence militaire, économique et régionale. Dans le plan iranien amenant au cessez-le-feu, l’Iran devient le pays autour duquel l’équilibre politique du Moyen-Orient doit se reconstruire.
Sur ce plan de Téhéran, il y a des points de rupture très marquants.
1- Le départ des forces militaires américaines de la région. De longue date, les pays du Golfe ont une gestion déléguée de leur sécurité auprès des Etats-Unis. Cette gestion n’a pas été à la hauteur des attentes pendant le conflit et il était anticipé une réflexion sur ce point par tous les pays concernés.
La proposition iranienne va beaucoup plus loin laissant le champ libre à une recomposition politique de la région sans les Etats-Unis. Au regard de l’Histoire, la dynamique du rapport de force qui inclura Israël est une source potentielle d’instabilité car les objectifs ne sont pas convergents. Cela pourrait créer une prime politique sur le prix du pétrole.
2- L’Iran souhaite contrôler le détroit d’Ormuz. Celui-ci passerait du statut de bien public international à un bien stratégique régional monétisable. Cela change l’équilibre du marché pour tous les produits passant par ce détroit. C’est aussi une opportunité pour de nombreux pays du monde de monétiser et de contrôler les détroits. C’est un changement radical dans la dynamique du commerce mondial.
3- L’Iran souhaite la levée de toutes les sanctions et le retour des avoirs iraniens gelés en raison des sanctions internationales. Le pays reviendrait dans le concert des nations sans remise en cause de son régime politique.
4- Sur le nucléaire, les positions américaine et iranienne sont orthogonales. Elle était le point de départ de l’intervention américaine. L’Iran veut pouvoir continuer à enrichir l’uranium. Pourtant, la Maison Blanche a accepté ce point en considérant que le plan iranien était une base négociable crédible.
Le cessez-le-feu est le bienvenu parce qu’il va permettre une meilleure circulation des produits, une diminution des risques économiques immédiats et une réduction rapide des tensions internationales.
Il ne permettra pas un retour à la situation ante compte tenu des infrastructures gazières et de raffinages qui ont été endommagées et dont la reconstruction prendra du temps.
La négociation qui s’ouvre ne pourra se régler en 15 jours compte tenu de points de vue opposés dès le départ. L’instabilité du Moyen-Orient reste donc une source d’incertitude majeure même si la victoire revendiquée par Washington a un objectif principalement interne.
