Dans la semaine suivant le début du conflit en Iran, les questions économiques ont resurgi. Le prix de l’énergie a vivement progressé rappelant l’allure prise lors del’invasion de l’Ukraine par la Russie. Aussitôt les risques d’inflation ont été mis en avant. C’en est un mais probablement pas de la même nature qu’en 2022. J’ai évoqué cette question dans un texte posté le 5 mars.
Au-delà, la dimension macro-globale paraît pertinente pour comprendre les nouveauxrapports de force si le conflit venait à durer.
1️⃣ Le morcellement du monde. Le conflit ne fait pas l’unanimité. La Chine, la Russie et de nombreux autres pays sont en désaccord avec les intentions d’Israel et des USA.Selon le décompte du think-tank « Le Grand Continent », les pays soutenants explicitement l’action israélo-américaine représentent moins d’un quart du PIB mondial et un peu plus de 8% de la population du globe. La part des pays ayant condamné l’opération représenterait 61.5% du PIB et 73% de la population. La dissociation est forte et significative. On ne peut pas ne pas s’interroger sur l’impact de cette partitionsur le commerce international et sur l’allocation des ressources au sein des chaînes de valeurs mondialisées.
2️⃣ La conséquence durable de ce morcellement sur l’allocation des ressources dans le monde au profit des dépenses militaires. Quoiqu’il arrive et indépendamment de la durée du conflit, la part des dépenses de défense va augmenter partout. Le morcellement dumonde et la montée des rapports de force vont dans ce sens. Qui seront sacrifiés ? Les actifs ou les inactifs ?
3️⃣ Le risque sur le marché de l’énergie puisqu’une grande partie de l’offre d’énergies fossiles est située au Moyen-Orient à un moment où la production US semble plafonner.La question du détroit d’Ormuz est posée. Mais surtout il y a deux dimensions supplémentaires. La dépendance de l’Europe aux énergies fossiles. On retrouve ainsi un scénario qui pourrait ressembler à celui de 2022 en raison de l’autonomie énergétique insuffisante. L’autre point est l’impact des attaques du Venezuela et de l’Iran sur l’approvisionnement de la Chine en pétrole. C’est pour les Américains un effet joint mais pas secondaire de ces conflits déclenchés par Washington. Cela permettrait d’équilibrer les discussions sur les terres rares notamment.
4️⃣ La dimension plus politique, celle de l’après et de la stabilité de la région est danstous les esprits. Les opérations précédentes au Moyen-Orient se sont toutes terminées dans une forme d’instabilité.
5️⃣ M’impact de ce morcellement sur la dynamique monétaire. Cela ne veut pas dire que l’influence des banques centrales va disparaître mais qu’elle va changer de nature.Chacune se battra pour sa monnaie, sa région. Ce schéma se dessine déjà. La BCE et labanque de Chine ne veulent pas que leur avenir soit dicté par la Fédéral Réserve et le Trésor américain.
La dynamique de la mondialisation paraît bien loin.
