Les histoires d’inflation sont toutes différentes. Au moment où la hausse des prix tend à se normaliser en zone Euro et aux Etats-Unis, la Chine est en passe de devenir déflationniste et le Japon, longtemps déflationniste, a une augmentation des prix de 4%.
L’inflation américaine et européenne peut se traiter un peu de la même façon. L’accélération dé l’inflation, du printemps 2021 jusqu’au plus haut de la mi-2022, est l’accumulation d’une succession de chocs. La hausse de l’énergie après la crise sanitaire, la demande rapide apres la déprime liée autre Covid, des entreprises en manque de stocks et des pénuries de pièces détachées sont autant d’éléments qui sont inflationnistes. Mais la disparition des causes à entraîné la normalisation de l’inflation. Et l’on peut s’interroger sur un contrefactuel dans lequel les banques centrales ne seraient pas intervenues et sur l’efficacité du dispositif puisque l’inflation des services n’est toujours pas résolue. La politique budgétaire restrictive en 2023 et 2024 a été un instrument peut-être plus efficace en pesant directement et fortement sur la demande.
Au Japon, l’histoire est toute autre. Depuis le milieu des années 1990, cette économie était caractérisée par la déflation et une politique monétaire très accommodante incapable d’inverser la tendance. Mais les Japonais ont subi la hausse du prix de l’énergie et des prix internationaux. L’adaptation à ce nouveau cadre a été long à se matérialiser.
Dans un article récent du Financial Times un commerçant de Tokyo témoigne « Il y a quelques années, les magasins et les entreprises alimentaires avaient l’habitude de s’excuser lorsqu’ils augmentaient les prix, mais maintenant ils ne semblent plus désolés : ils vont simplement de l’avant et le font. »
Le processus est lancé et le gouvernement souhaite profiter de cette situation pour sortir définitivement du risque déflationniste qui reste une menace compte tenu de la baisse de la population japonaise qui pénalise la demande. Le processus dans ce terra incognita sera plein d’enseignements.
En Chine le risque est la déflation. Depuis le début de l’année 2023 l’indice des prix est étale et le taux d’inflation baisse en février. Pour comprendre la direction prise on pointe du doigt une demande trop faible du consommateur. Et c’est juste. Pénalisé par le marché immobilier le consommateur chinois est inquiet.
Pourtant on ne peut pas s’arrêter là. La demande c’est aussi l’investissement. Sa composante immobilière s’est effondrée mais la partie manufacturière a été robuste tirée notamment par l’automobile. Comme dans les pays occidentaux le secteur automobile est en Chine une force qui structure l’économie. Il y a 5 ans la capacité de production était de 40 millions de véhicules. Depuis on a rajouté 20 millions de véhicules électriques. Ce mouvement ne se prolongera pas. La demande va vraiment être moins vive et le risque de déflation vraisemblable.