Depuis 2019, l’économie d’outre-Rhin stagne et le choc négatif du Covid a été rattrapé mais pas dépassé. Le PIB allemand est passé de 100 à 100.2 entre 2019 et 2024. En France sur les mêmes références, le chiffre de 2024 est à 103.5 et celui de la zone Euro à 104.7.
La croissance trop lente de l’Allemagne a été un handicap pour l’ensemble de l’Europe. Le plan de relance sur les infrastructures et l’augmentation du budget militaire pourrait tout changer
Les mesures sont d’une ampleur significative. Elles représentent une impulsion de 1% du PIB chaque année sur 10 ans. On ne connaît cependant pas la répartition des dépenses dans le temps.
Deux points
L’Etat allemand n’étant pas endetté, il trouvera facilement des financements même si les taux d’intérêt servis sur la dette sont un peu plus élevés. Il n’y aura pas immédiatement d’arbitrage de dépenses facilitant ainsi la vitesse et l’efficacité du plan
Le second aspect est qu’en privilégiant les infrastructures, le digital et le renouvelable, le plan va relancer le marché intérieur allemand. Cette relance, via les entreprises d’abord puis le marché de l’emploi et enfin les consommateurs, va accroître les importations ce qui profitera aux partenaires de l’Allemagne.
Quand la demande intérieure allemande progresse plus vite que celle de la France alors les échanges franco-allemands s’améliorent rapidement au bénéfice de la France. Ce mécanisme est vrai aussi pour l’Italie et les autres pays européens car l’Allemagne en est généralement le premier partenaire économique. Cela se traduira par un effet d’accélération.
Ainsi l’Italie qui exportera davantage vers l’Allemagne fera appel à des produits français pour ses fabrications….
C’est cet effet multiplicateur qui jouera très favorablement et durablement pour la conjoncture européenne.
Deux remarques encore
Le modèle allemand dépendait des impulsions provenant de Chine pour ses exportations, d’une énergie bon marché en provenance de Russie et du parapluie militaire américain. Plus rien ne fonctionne. C’est une opportunité de recentrer l’activité allemande pour satisfaire, en Europe, cette quête d’autonomie de décision et de production dans un monde plus hostile.
Ce plan donne de la consistance à l’Europe à moyen terme. Cela doit aussi donner des opportunités pour de nouvelles institutions poussant davantage à l’intégration, comme l’Union des Marchés de Capitaux.
La deuxième remarque est que le caractère inflationniste dépendra de la séquence des dépenses. Si elles sont trop importantes au départ cela traduirait par de nouvelles tensions salariales dont la conséquence pourrait engendrer des risques inflationniste.
Ce plan devrait finalement permettre de réduire les pressions baissières sur les secteurs en difficulté. Cela n’en fera pas des Phoenix mais limitera une forme de risque systémique tout en permettant le développement de nouvelles activités.