Le FMI a partagé ses nouvelles prévisions. En France, le PIB augmenterait, en moyenne, de 0.4% en 2026 (comme l’Insee) et de 0.7% en 2027. Avec les prévisions en glissement sur un an (T4 sur T4 de l’année précédente), on peut reconstituer une trajectoire compatible avec ses données.
L’acquis fin 2026 pour 2027 est un peu au-dessus de 0.1%. Le peu d’élan provenant de 2026 ne bénéficie pas beaucoup à 2027 qui devra ainsi créer sa croissance ex nihilo.
C’est ce que je présente dans le graphe.

L’économie française a subi des chocs, cela explique le passé, mais l’incertitude politique prend aujourd’hui le relais. La hausse marquée des taux d’intérêt et l’écart plus fort avec le taux allemand marque une défiance des investisseurs face aux incertitudes des élections présidentielles.
Cela a forcément des répercussions sur les comportements des ménages (via l’immobilier) et des entreprises.
Celle ci attendent aussi l’issue des prochaines élections pour s’engager et avoir une feuille de route précise sur les charges et la fiscalité. En effet, le budget 2027 qui est discuté actuellement ne peut pas être perçu, même s’il est voté, comme définitif pour l’ensemble de l’année qui vient.
Par ailleurs, les programmes des vainqueurs possibles apparaissent encore beaucoup trop imprécis pour s’engager des dépenses importantes engageant les entreprises dans la durée. Les investissement vont être mis en pause en attendant de voir.
L’échéance est l’été 2027 avec la loi de finance rectificative qui ne manquera pas d’être votée par la nouvelle majorité.
En attendant, la demande interne risque d’être médiocre.
Le seul facteur qui pourrait tirer les chiffres à la hausse sont ceux du commerce extérieur. D’ailleurs l’Insee pour 2026 est toujours optimiste sur le profil des exportations au deuxième semestre. Un choc négatif sur les échanges avec le reste du monde se traduirait ainsi par une récession.
Selon le scénario d’une demande interne faible jusqu’à l’été 2027, il faut un rattrapage post-électoral. C’est ce que j’ai mis dans mon graphe. Ce rebond, après les élections, et qui pourrait paraître normal avec l’arrivée d’un nouveau locataire à l’Elysée, n’est pas franchement vérifié depuis 2000. Le nouveau président n’engendre pas d’élan fort.
Autrement dit, le scénario du FMI qui apparait peu enthousiasmant pour l’économie française, est cependant volontariste avec ce rattrapage de fin 2027. Un prolongement sur la deuxième partie de l’année de la tendance des 6 premiers mois se traduirait par une croissance de 0.6% seulement.
On est loin des 1% de la loi de finance pour 2027. Cela ne règle en rien les questions budgétaires et ne rassure pas non plus les investisseurs qui vont se demander encore longtemps comment la France pourra gérer son budget pour que sa dette publique devienne soutenable. Car là est la vraie question et les propos que l’on entend pour l’instant ne sont pas rassurants.